Historique du SISCan

Survol historique

La Division des terres (DT) a passé plusieurs années à recueillir des données sur les ressources en terres du Canada et à les regrouper dans la Base nationale de données sur les sols (BNDS) au moyen du logiciel ARC/INFO. Les données spatiales définissent l'emplacement des principaux types de sols au Canada, y compris certains éléments paysagers tels les pentes et les affleurements rocheux. Les attributs non spatiaux comprennent les caractéristiques qui ont trait à la productivité biologique des sols, c'est-à-dire leur potentiel pour la croissance des plantes et, indirectement, pour l'alimentation des animaux. Dans une moindre mesure, les caractéristiques sont également pertinentes pour ce qui est de savoir dans quelle mesure les véhicules, les animaux ou les personnes peuvent se déplacer avec facilité sur le sol; il s'agit de la praticabilité. Dans les cas où on a procédé à des évaluations de la praticabilité ou de la productivité biologique, celles-ci sont également intégrées aux données dans le système. Aux fins des analyses et des extrants, les données sont souvent représentées au moyen de cartes, y compris des coordonnées géographiques, des symboles et des légendes.

La BNDS est destinée à être une couche dans ce qui constitue un système d'information géographique complet. Elle porte sur les sols et sur les éléments paysagers. Elle comprend certaines données climatiques, de recensement et sur l'utilisation des terres, recueillies et ajoutées dans le cadre de projets spéciaux.

Le SISCan comprend les bureaux régionaux ainsi que l'administration centrale, à Ottawa. L'unité centrale d'Ottawa (pivot) agit à titre de source principale de développement du système et d'archives centrales; c'est le dépôt national des données recueillies au cours de levés sur le terrain, ou créées dans le cadre de projets d'analyse de l'utilisation des terres. Le personnel régional, qui recueille les données au cours des inventaires sur le terrain ou qui les crée dans le cadre de projets régionaux d'évaluation des terres, est articulé autour de ce pivot et relié à ce dernier comme les rayons d'une roue. Les équivalents provinciaux du SISCan, certains de taille importante, d'autres de petite taille, certains compatibles, d'autres beaucoup moins compatibles, chevauchent la plupart des unités régionales. Ce qui a commencé, il y a des années, par un système très centralisé, s'est depuis diversifié, à mesure que les employés régionaux ont adopté une technologie qui est compatible avec les systèmes provinciaux.

Jusqu'à récemment, la DT était le principal gardien des données cartographiques fédérales-provinciales communes sur les sols sous forme numérique (antérieurement, la Colombie-Britannique avait un système provincial pour les données provinciales). Suite au développement de SIG commerciaux et, en particulier, de logiciels pouvant être installés sur des micro-ordinateurs, bon nombre de provinces développent activement des SIG locaux. Il existe toute une gamme de SIG régionaux, allant de matériel appartenant au gouvernement fédéral, appuyé par les provinces dans le cadre d'entreprises conjointes, à des systèmes provinciaux appuyés par le gouvernement fédéral, ainsi qu'à des systèmes d'organismes individuels.

Évolution historique

Vers 1971, les spécialistes en prospection pédologique avaient mis au point une méthodologie complète, organisé la science au moyen d'un système de taxonomie pour la classification des sols, et travaillaient activement à  la caractérisation des ressources en terres du Canada, en particulier des régions agricoles. Les quantités de données ont pris une telle ampleur que le Comité national sur la prospection pédologique a recommandé qu'on organise et stocke les données sur un système informatique.

À compter de 1972, le Centre de recherches sur les terres (CRT) de la Direction générale de la recherche d'Agriculture Canada a mis au point le SISCan. De 1975 à  1986, le système a été exploité au moyen de programmes informatiques rédigés par les propres informaticiens du Centre. Au début, à  titre de chef de file mondial dans le domaine, le système pouvait être modifié et mis au point selon les besoins. Plus tard, à  mesure que d'autres organismes ont mis au point leurs propres systèmes, souvent fondés sur des SIG commerciaux, il est devenu difficile d'échanger des données. Le logiciel personnalisé original du Centre n'était pas compatible avec les principaux types de logiciels commerciaux qui devenaient omniprésents, et il n'était plus rentable de maintenir le logiciel SISCan.

Avant 1986, le système SISCan (MacDonald et Kloosterman - 1984) contenait les groupes de fichiers suivants :

  • cartographie : traits et symboles sur des cartes
  • détails : renseignements sur les profils pédologiques (de sites)
  • marais : renseignements sur les sites de tourbières, etc.

Les renseignements contenus dans ces fichiers ont été, soit transférés aux nouveaux fichiers, comme dans le cas des données cartographiques, soit stockés dans leur état actuel. Les trois fichiers qui ont été stockés (Détails, Gestion des sols et Marais) sont toujours accessibles, mais ne seront pas élaborés davantage. On ne prévoit pas d'ajouts de données pour ces fichiers tels qu'ils existent à  Ottawa; on a envoyé à  chacune des régions des copies de ces données, et les régions ont le loisir d'élargir leurs versions locales de ces fichiers.

En 1986, le Centre a acheté le logiciel ARC/INFO commercial du Environmental Systems Research Institute (ESRI) de Toronto (Canada). Ce logiciel est utilisé par un grand nombre d'autres organismes fédéraux et provinciaux de partout au Canada qui utilisent des données environnementales spatiales. Le transfert du SISCan original à  ce logiciel commercial a nécessité non seulement une transposition des données fondamentales, mais aussi une modification en profondeur de la structure du système lui-même. Les vieux manuels et procédures d'exploitation sont devenus inutiles.

En 1993, le système a été transposé sur des postes de travail HP, mais on a retenu le logiciel ARC/INFO. On a créé un nouveau système d'archive. À compter de 1994, les documents ont été convertis en hypertexte, et le SISCan est devenu l'un des premiers sites Web du gouvernement fédéral. En 1996, la version originelle de Pédo-paysages du Canada a été complétée. La même année, les premières applications de cartographie sur le Web ont été mises au point. Le contenu et les structures de données de la BNDS continuent d'évoluer en fonction des exigences du projet.